Accueil
Ouvrages parus
À paraître
Contact

Poussée de sève

de Karine Douplitzky
29x24 cm, à l'italienne
112 pages sur papier couché mat 170 g
reliure spéciale pâte à papier brute non imprimée défoncée à l'emporte-pièce
100 photos couleur érotiques d'arbres qui s'aiment
55 €
ISBN : 2-35119-009-2

Un livre qui se déflore comme un livre de prières, feuille à feuille, selon la « position du missionnaire », c'est-à-dire le tronc masculin se rabattant sur la feuillure féminine.

Un livre d'arbres qui s'aiment… en cinq actes :
1- captures, quand les couples se forment et s'informent,
2- postures, au plus profond de l'amour,
3- ligatures, jeux de mains, jeux de vilains,
4- boutures, pour l'aimer tout entière,
5- écritures, car il l'a dans la peau.

Des images licencieuses à regarder et à toucher.

Des pensées scabreuses sur les pas de Gilles de Rais, pérennisées par la plume de Huysmans : « Et soudain il voit l'obscénité des très vieux arbres. (…) Ici, l'arbre lui apparaît comme un être vivant, debout, la tête en bas, enfouie dans la chevelure de ses racines, dressant des jambes en l'air, les écartant, puis se subdivisant en de nouvelles cuisses qui s'ouvrent, à leur tour, deviennent de plus en plus petites, à mesure qu'elles s'éloignent du tronc ; là, entre ces jambes, une autre branche est enfoncée, en une immobile fornication qui se répète et diminue, de rameaux en rameaux, jusqu'à la cime ; là encore, le fût lui semble être un phallus qui monte et disparaît sous une jupe de feuilles ou bien, il sort au contraire, d'une toison verte et plonge dans le ventre velouté du sol. (…) Ce sont encore, à des coudes de branches, d'autres visions, des fosses de dessous de bras, des aisselles frisées en lichen gris ; ce sont, dans le tronc même de l'arbre des blessures qui s'allongent en grandes lèvres, sous des touffes de velours roux et des bouquets de mousse ! Partout les formes obscènes montent de la terre, jaillissent en désordre dans le firmament qui se satanise… » (Extrait de Là-bas)

Ou Bruno Schulz :
« Lorsque les racines des arbres veulent parler, que sous le gazon beaucoup de passé s'est accumulé, beaucoup d'histoires très anciennes, quand sous les racines il s'est concentré trop de chuchotements essoufflés, de magma inarticulé et de cette chose sombre qui précède la parole, alors l'écorce des arbres noircit et se divise en écailles rêches et épaisses, en fentes profondes, des orifices s'y ouvrent, sombres comme la fourrure de l'ours. Et si l'on plonge le visage dans cette fourrure duveteuse du crépuscule, tout devient brusquement obscur et silencieux. Il faut alors appliquer les yeux contre l'obscurité la plus noire, les forcer un peu, les obliger à percer l'impénétrable, le sol inerte, et soudain nous voilà de l'autre côté des choses, au fond, aux Enfers. Et nous voyons… » (Extrait de Le Sanatorium au croque-mort)


 
Biro éditeur
2 rue des 4 fils
F 75003 Paris
mentions légales