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La population Bobo, peuple d'agriculteurs autochtones, vit essentiellement au nord-ouest du Burkina Faso et sur une partie du Mali.
Formant une société très distincte qui manifeste une méfiance instinctive à l'égard de toute hiérarchie et de tout pouvoir centralisé, les Bobo renouvellent leur foi auprès de leur Dieu suprême, Wuro, au travers de fréquentes cérémonies religieuses durant lesquelles ils portent des masques de feuilles ou de fibres de facture rudimentaire qui dégagent un pouvoir magnétique.
Pour les Bobo, ces masques sont l'objet d'une véritable obsession. Tous y portent un intérêt qui n'est pas seulement justifié par l'importance de leur rôle institutionnel ni par leur nature hautement sacrée. Il s'est établi entre eux et ces masques hérités des plus lointaines traditions des relations d'ordre affectives.
Ainsi, à force d'attention et de soins, du statut de simples instruments de culte ou même d'incarnations vivantes de la divinité, ces masques ont acquis une fonction supplémentaire : celle de concrétiser les aspirations du peuple Bobo, voire, aussi, de les transcender.
Investis d'une vie propre comportant tous les attributs d'une véritable personnalité, le mystère sacré de leur origine, leur apparence singulière et leur caractère étrangement humain provoquent une fascination qui saisit autant l'esprit que le cœur.
L'auteur Guy Le Moal est ethnologue de formation. Après ses études et sa préparation au Centre de Formation de Recherches Ethnologiques (CFRE) fondé par le professeur A. Leroi-Gourhan, il est rapidement recruté par Théodore Monod, alors directeur général de l'Institut d'Afrique noire (IFAN) basé à Dakar, pour fonder un centre IFAN à Ouagadougou en Haute-Volta. Il le dirige pendant 13 ans jusqu'à l'indépendance de la Haute-Volta en 1960, appelée aujourd'hui Burkina Faso. En 1950, Guy Le Moal découvre le peuple Bobo et ses masques qui le captivent. C'est ainsi que, pendant plus de 40 ans, il se consacre à l'approfondissement de la pratique religieuse des Bobo dont les masques sont les principaux acteurs. Les magnifiques photographies qu'il en a prises sont totalement inédites. Elles ont été prises durant la célébration de cérémonies religieuses Bobo auxquelles participent exclusivement les initiés ; des photos qui permettent de restituer la part sensible de « la vie » des masques faits de feuilles et de fibres les plus sacrés, dont la nature éphémère ne permettra jamais qu'ils figurent sur les murs des musées.
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