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ÉPUISÉ - Ce livre a paru à l'occasion de la première grande exposition consacrée à Girodet depuis 1967 : Musée du Louvre, septembre 2005-janvier 2006 Art Institute of Chicago, février-avril 2006 Metropolitan Museum of Art New York, juin-septembre 2006 Musée des Beaux-Arts Montréal, automne 2006
Le livre : Anne-Louis Girodet de Roussy Trioson (1767-1824), que l'on appelle couramment Girodet, fut un des élèves les plus remarquables de Jacques-Louis David. Il s'illustra en tant que peintre de l'épopée napoléonienne et portraitiste de Chateaubriand, comme il mit une indépendance viscérale et une imagination illimitée au service d'un art souvent étrange, parfois mal compris par ses contemporains, mais, toujours propice à la maturation de tableaux d'histoire inédits. D'Ossian (1801, Malmaison) à Pygmalion et Galatée (1819, Louvre) en passant par la Scène de Déluge (1806, Louvre) et les Funérailles d'Atala (1808, Louvre), Girodet construisit un œuvre complexe, dont les grandes qualités formelles égalent le raffinement d'un propos autant moral qu'autoréférentiel.
Le style de Girodet fut souvent qualifié de pré-romantique, notamment au regard du Sommeil d'Endymion (1791, Louvre), qui montre en effet une version originale de la fable antique, car l'adolescent androgyne, baigné dans une lumière vitreuse, s'abandonne au rayon phosphorescent de la lune. Cependant, son œuvre présente aussi de nombreuses caractéristiques dites classiques, car il adhéra tardivement à la doctrine académique, en tirant la plupart de ses sujets de la fable ou de l'histoire, tels Hippocrate (1792, Paris, faculté de médecine) et les représentations d'événements contemporains comme la Révolte du Caire (1810, château de Versailles).
Depuis cinquante ans, l'artiste suscite un discours critique abondant, mais qui brandit toujours le même prisme de l'originalité pour appréhender son œuvre, alors qu'une connaissance approfondie de sa production oblige à concevoir d'autres lectures de cet artiste, exceptionnel par la richesse et la finesse de son monde imaginaire. La notion descriptive et conceptuelle d'altérité, comprise dans sa dimension la plus large : culturelle et raciale, mais aussi familiale, sexuelle et artistique, révèle justement un univers créatif cohérent et insolite. Aussi, cette nouvelle monographie sur le peintre - qui n'en avait pas fait l'objet depuis trente ans - envisage, pour la première fois, les questions familiales, génériques et culturelles posées par cet œuvre multiple.
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